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Cinéma français : castings, stéréotypes et financement, les ressorts d’une représentation contestée

Du parcours d’Abou Sangaré aux comédies fondées sur les clichés, en passant par les films de banlieue et le poids des financeurs, une même critique traverse une partie du cinéma français : celle d’un système qui valorise certaines représentations des classes populaires et des personnes racisées, tout en limitant leur place à l’écran et dans l’industrie.

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Abou Sangaré, acteur principal de L’Histoire de Souleymane, a obtenu un César il y a deux ans avant de retourner travailler sur des chantiers. Depuis ce rôle, il n’a plus été revu à l’écran. Son parcours cristallise une critique récurrente adressée au cinéma français : utiliser l’expérience sociale ou migratoire de personnes peu présentes dans l’industrie pour nourrir un film, sans leur ouvrir durablement les portes d’une carrière.

L’Histoire de Souleymane suit deux jours dans la vie d’un livreur sans-papiers préparant son entretien pour une demande d’asile en France. Le film brouille volontairement la frontière entre fiction et réel, notamment en donnant à son personnage principal le même nom de famille que son interprète. Boris Lojkine revendiquait une histoire « authentique » et un ancrage fidèle à la réalité des livreurs. Pour trouver son acteur principal, le réalisateur et sa directrice de casting Aline d’Albis avaient mené un casting sauvage en abordant dans la rue des livreurs guinéens.

Le casting sauvage au cœur des critiques

Cette pratique serait fréquente lorsque les scénarios recherchent des profils non blancs. L’enquête La Couleur des rôles est mobilisée pour montrer que les directeurs de casting y recourent presque tous dans ce type de cas. La critique porte sur un recrutement fondé sur l’origine et le vécu plus que sur le jeu, avec des personnes traitées comme des témoins de leur condition davantage que comme des acteurs.

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