Au Royaume-Uni, l’« auditing » d’extrême droite transforme la provocation en machine à haine
Du « journalisme citoyen », certaines vidéos, notamment tournées devant des hôtels hébergeant des demandeurs d’asile, cherchent l’affrontement pour produire des séquences virales. Un dispositif rentable, politique et xénophobe, qui prospère aussi grâce aux plateformes.
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Au Royaume-Uni, une partie de l’extrême droite a trouvé dans l’« auditing » un format redoutablement efficace : provoquer, filmer, diffuser, puis se poser en victime. Arte montre que ces contenus se réclament du « journalisme citoyen » et prétendent tester le droit de filmer dans l’espace public. En pratique, ils reposent sur la recherche délibérée d’altercations, avec en ligne de mire des publics déjà désignés ennemis : migrants, sans-abri, personnes en situation d’addiction, militants de gauche ou agents de sécurité.
Un format de provocation mis en scène
L’un des cas les plus parlants a été mis en ligne le 23 décembre 2025 sur YouTube par la chaîne Auditing Britain. Tourné au Heston Hyde Hotel, à Hounslow, dans l’ouest de Londres, le contenu dépasse 400 000 vues en moins d’un mois. L’établissement fait partie des hôtels réquisitionnés par l’État britannique depuis 2020 pour héberger provisoirement des demandeurs d’asile. Le ton est donné d’emblée : ces derniers y sont qualifiés de « démons de l’enfer ».
La mécanique est simple et brutale. Le vidéaste tente d’entrer dans l’enceinte de l’hôtel, en est empêché, poursuit ensuite plusieurs personnes et force au moins un homme à être filmé en invoquant le droit de tourner dans l’espace public. Puis vient la scène recherchée : la tension monte, deux hommes apparaissent en colère, l’un frappe le vidéaste et tente de lui arracher sa caméra, des projectiles sont lancés, la police est appelée. Plus tard, le vidéaste assène lui-même un coup de poing à l’un de ses adversaires avant de se présenter comme victime devant les policiers, puis d’être arrêté.
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