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Écoles et fortes chaleurs : le plan d’urgence de l’État ramené de 50 à 10 millions d’euros

Annoncé fin juin après une vague de chaleur ayant perturbé des milliers d’établissements, le plan d’adaptation des écoles aux fortes chaleurs a été fortement revu à la baisse. L’État concentre désormais son effort sur 2 500 écoles, tandis que la Banque des Territoires promet d’élargir les audits.

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Le plan d’urgence annoncé par le gouvernement fin juin pour adapter les écoles aux fortes chaleurs a été réduit de 50 à 10 millions d’euros. La décision a été prise pendant l’été à Matignon, et ramène à un cinquième l’enveloppe présentée quelques semaines plus tôt pour préparer les bâtiments scolaires aux épisodes de chaleur, selon Politico.

Cette révision intervient après un épisode caniculaire qui avait fortement affecté le fonctionnement des établissements. Le 26 juin, environ 4 000 écoles avaient dû fermer à un moment ou à un autre, tandis que 11 000 autres avaient modifié leurs horaires ou leur organisation.

Présenté ce même 26 juin par la Banque des Territoires et le programme ACTEE, en partenariat avec l’État, le « plan d’urgence et de prévention » devait initialement soutenir l’adaptation de milliers d’écoles dès 2026. Roland Lescure, ministre de l’Économie, avait alors mis en avant cet objectif dans un contexte de réchauffement climatique et de vulnérabilité croissante du bâti scolaire.

Un dispositif recentré sur 2 500 écoles

Le schéma initial comportait deux volets distincts. Le premier prévoyait 10 millions d’euros pour financer un diagnostic dans 2 500 écoles considérées comme particulièrement exposées à la chaleur. Le second devait mobiliser 40 millions d’euros supplémentaires pour conduire des audits dans 10 000 autres établissements.

C’est ce second volet qui a été abandonné dans sa forme initiale. Toujours d’après Politico, le gouvernement a choisi de réduire la contribution d’ACTEE et de concentrer le plan sur les 2 500 écoles considérées comme prioritaires par le ministère de l’Éducation nationale. ACTEE a confirmé un « recadrage » du dispositif, en le qualifiant de « très bonne première avancée » et en disant espérer une montée en puissance ultérieure.

La Banque des Territoires a, de son côté, annoncé qu’elle allait « rehausser » sa propre participation financière pour accompagner « au moins » 5 000 écoles dans la réalisation d’audits. Le montant précis de cet effort supplémentaire n’a pas été détaillé.

La question du financement et des priorités

Le recentrage du plan est relié à une priorité donnée à l’électrification. ACTEE accompagne les collectivités locales pour réduire leurs factures énergétiques et fonctionne grâce aux certificats d’économies d’énergie, un mécanisme financé par les fournisseurs d’énergie mais piloté par le gouvernement. L’exécutif peut donc en orienter les actions ou en réduire le périmètre.

Les diagnostics dits de « confort d’été » portés par ACTEE peuvent couvrir des solutions d’électrification, comme les pompes à chaleur réversibles, mais aussi des aménagements plus légers, tels que des brasseurs d’air ou des volets. Un maire estime que « le gouvernement est 100 % focalisé sur l’électrification » et que « la sobriété et l’efficacité énergétique passent après », tout en jugeant que ces deux approches « ne s’opposent pas ».

Ni Matignon ni les autres ministères concernés n’ont répondu aux sollicitations.

D’autres dispositifs maintenus

En parallèle de ce plan, EDF avait promis 80 millions d’euros pour financer l’achat de climatiseurs et d’autres équipements de refroidissement. L’entreprise a assuré que cette enveloppe restait disponible.

Au début de septembre, une reconduction d’ACTEE pour une quatrième saison était à l’étude. L’Association des maires de France et des présidents d’intercommunalité venait d’en réclamer la poursuite dans une lettre ouverte. La Banque des Territoires faisait aussi état d’environ 2 000 dossiers déjà déposés par des collectivités depuis les annonces de l’été.

À la veille de la rentrée, le gouvernement a présenté l’adaptation des écoles au changement climatique comme l’une de ses priorités lors du Conseil des ministres. L’exécutif s’est félicité du plan ciblant 2 500 établissements, sans rappeler que l’objectif annoncé fin juin portait initialement sur un nombre d’écoles beaucoup plus élevé.