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Présidentielle 2027 : François Hollande entretient l’hypothèse, Fabien Roussel se déclare candidat

François Hollande fixe à décembre une clarification sur ses intentions pour 2027, tout en multipliant les marqueurs programmatiques. De son côté, Fabien Roussel a officialisé sa candidature, au nom d’une gauche qu’il juge aujourd’hui minoritaire dans le pays.

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À un peu moins d’un an de l’échéance de clarification qu’il s’est lui-même fixée, François Hollande continue d’entretenir la perspective d’une candidature à l’élection présidentielle de 2027, sans se déclarer. L’ancien chef de l’État affirme n’être pas candidat « aujourd’hui », exclut de participer à une primaire « où il n’y a que des candidats à la candidature » et assure qu’« il n’y aura qu’une seule candidature de la gauche social-démocrate ». Dans le même temps, Fabien Roussel a franchi le pas en annonçant officiellement sa candidature à l’élection présidentielle.

Une stratégie d’unification à gauche

François Hollande inscrit sa démarche dans une stratégie d’unification d’un espace qu’il définit comme celui de la « gauche social-démocrate ». Il cherche aussi à se distinguer de la droite classique tout en occupant une zone politique proche du centre et du macronisme. Il présente Édouard Philippe, maire du Havre et ancien Premier ministre, comme engagé dans une reconstitution de « l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP), la droite classique ».

Des signes de préparation entourent cette séquence. POLITICO a rapporté qu’un bail devait être signé pour un local qui servirait de quartier général. François Hollande conteste cette qualification et affirme que ce bail n’est pas signé par lui, mais par « des amis », afin de ne pas mêler son activité d’ancien président et la promotion de son livre Unir aux moyens d’une éventuelle campagne.

Le thème de l’union occupe une place centrale dans son positionnement. François Hollande explique avoir choisi le titre Unir parce qu’« il faut unir les Françaises et les Français » pour construire « un programme », « une vision » et, éventuellement, « un travail gouvernemental et présidentiel ». À ses yeux, le prochain président devra « prendre de la hauteur », fixer un cap et « rassembler les Français ».

Cette logique s’accompagne d’une mise à distance des formations qu’il juge les plus polarisantes. Il cite le Rassemblement national et La France insoumise parmi « les extrêmes », tout en précisant qu’il ne conteste pas leur caractère démocratique. Il leur reproche en revanche de « contribuer à la division du pays ». Sur un éventuel second tour en 2027, il estime par ailleurs qu’un candidat de la droite, du centre droit ou du centre gauche ne pourra plus se contenter d’un appel au vote « pour faire barrage », car « ça ne fonctionnera plus ».

La perspective d’un retour de François Hollande se heurte toutefois à un rejet persistant dans une partie de l’électorat de gauche, en lien avec son quinquennat et avec sa décision de ne pas se représenter à sa réélection.

Finances publiques, salaires et immigration

Sur le fond, François Hollande met en avant un « déséquilibre des comptes sociaux » de 25 milliards d’euros, un déficit public de 150 milliards pour le budget de l’État et une charge d’intérêts qui pourrait atteindre 100 milliards d’euros, contre 70 milliards aujourd’hui. Il y voit un risque d’« étranglement » budgétaire susceptible, à terme, d’empêcher d’« assurer le paiement de la dette ».

Sur les salaires, il propose de relever la TVA de quatre points, de 20 % à 24 %, à raison d’un point par an pendant quatre ans. L’objectif affiché est de financer une baisse des cotisations salariales et une hausse du salaire net de 10 %. Olivier Faure lui reproche dans Le Parisien de vouloir augmenter « l’impôt le plus injuste en France ».

Sur l’immigration, François Hollande défend une immigration de travail « fixée » et « définie » selon les besoins, avec des régularisations dans les métiers en tension pour des personnes travaillant clandestinement. Il souhaite aussi un encadrement plus strict du regroupement familial, estimant que certaines règles ne sont « pas respectées » et en demandant notamment que les personnes rejoignant leur conjoint parlent français et respectent « les lois de la laïcité ». Il rejette en revanche l’externalisation de la gestion migratoire dans des pays tiers, qu’il juge « irréelle » et parfois « humiliante », tout en plaidant pour des politiques européennes « beaucoup plus strictes » pour « accueillir », « contrôler » et « refouler les personnes qui n’ont pas à venir ici ».

Fabien Roussel officialise sa candidature

Face à cette possible recomposition, Fabien Roussel a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle : « Oui, je suis candidat à l’élection présidentielle. » Il présente cette décision comme « largement réfléchie » et « largement soutenue » à 72 % dans son parti. Ce score correspond au résultat de son congrès, avec une participation de 64 %, soit environ 46 % des adhérents encartés rapportés à l’ensemble du corps militant, pour un total avancé d’environ 18 000 voix.

Le secrétaire national du PCF dit vouloir « reconstruire une France qui travaille, qui produit des richesses en respectant la nature mais aussi en respectant les êtres humains et les salariés ». Parmi les différences les plus nettes avec d’autres candidatures de gauche figure la question du nucléaire, notamment vis-à-vis de Jean-Luc Mélenchon.

Fabien Roussel refuse de faire de sa campagne un affrontement personnel avec le leader de La France insoumise. Il dit faire le choix « de ne pas parler des autres » et de défendre son programme. À ceux qui estiment qu’une candidature communiste pourrait empêcher la gauche d’accéder au second tour, il répond que « le problème de la gauche, ce n’est pas qu’il y ait plusieurs candidats », mais qu’« elle n’est pas majoritaire dans le pays ». Son objectif est de contribuer à la rendre de nouveau majoritaire en convainquant des électeurs qui ne votent plus.