Avec plus de 700.000 utilisateurs, l’application « Feux de forêt » s’impose comme relais d’information pendant les incendies
Créée par un pompier volontaire des Pyrénées-Orientales, l’application « Feux de forêt » a dépassé les 700 000 utilisateurs actifs à mesure que les incendies se multiplient, notamment en Gironde. Alimentée et vérifiée par une équipe de bénévoles, elle s’est imposée comme un relais d’information suivi, tout en restant un outil non officiel.
Quand les incendies gagnent du terrain, la demande d’information s’accélère tout autant. L’application « Feux de forêt », conçue pour signaler et suivre les départs de feu en quasi-temps réel, a franchi le cap des 700 000 utilisateurs actifs. Son essor s’est renforcé avec les feux en Gironde, marqués par une intensité exceptionnelle.
Disponible sur iOS, Android et navigateur, l’outil a été développé par Anthony Montardy, pompier volontaire originaire d’Ille-sur-Têt, dans les Pyrénées-Orientales. Plus de 100 000 téléchargements ont été enregistrés sur les différentes plateformes, tandis que la base d’utilisateurs réguliers dépasse désormais les 700 000.
Cette progression s’explique en partie par l’absence d’application officielle permettant de suivre précisément l’évolution d’un incendie ou d’être informé rapidement d’un départ de feu. Les alertes urgentes peuvent être diffusées via FR-Alert, et les médias relaient les informations, mais « Feux de forêt » s’est installée dans un espace intermédiaire : celui de l’information de terrain actualisée en continu.
Anthony Montardy a indiqué à Franceinfo que l’application enregistrait entre 400 et 500 connexions par seconde. « C’est colossal », résume-t-il.
Une plateforme fondée sur les signalements
L’application permet aux utilisateurs de signaler un feu ou un départ de feu, puis d’y ajouter des photos et des vidéos. Elle sert aussi de point d’entrée pour des messages plus personnels, auxquels l’équipe ne peut pas répondre.
On reçoit énormément de messages, auxquels on ne peut évidemment pas répondre, par exemple : « est-ce que ma maison a été détruite ou pas ? »
Anthony Montardy
Le fonctionnement repose sur une étape essentielle : la vérification. Les signalements transmis par les utilisateurs sont contrôlés par des bénévoles, parmi lesquels figurent notamment des sapeurs-pompiers, des forestiers et des agents de préfectures.
C’est un travail acharné. Même en pleine nuit, à 4 heures du matin, on reçoit encore des messages.
Anthony Montardy
Au plus fort de la crise, une dizaine de bénévoles ont ainsi dû traiter près de 20 000 signalements. L’enjeu est double : éviter de diffuser une information erronée et ne pas provoquer d’inquiétude injustifiée.
Si je vous dis que la situation est hors de contrôle de tel côté et qu’on marque ça noir sur blanc sur Feux de forêt, on sait très bien que ça va déclencher une inquiétude auprès de la population.
Anthony Montardy
Vers un lien plus direct avec les autorités
L’équipe qui anime l’application veut désormais renforcer ses liens avec les services publics. Anthony Montardy espère, à l’horizon 2027, mettre en place des passerelles permettant aux services départementaux d’incendie et de secours, aux préfectures et aux mairies de publier directement des signalements officiels.
Cette évolution viserait à élargir encore la portée de l’outil, alors que les méga-feux pourraient devenir plus fréquents avec le dérèglement climatique. Elle permettrait aussi de mieux articuler les informations issues du terrain avec les communications institutionnelles.
L’application fournit par ailleurs des données utilisées par certains médias. Plusieurs outils intégrés permettent notamment de visualiser les dégâts laissés par d’anciens incendies, jusqu’en 1973.
Un outil suivi, mais non officiel
Malgré son audience et son activité, « Feux de forêt » ne remplace pas les canaux publics d’alerte. L’application se présente comme un relais d’information, utile pour suivre une situation en cours, mais elle ne dispose pas d’un statut officiel.
Ses responsables recherchent régulièrement de nouveaux contributeurs pour participer à la vérification des contenus. Ils rappellent toutefois que, même en cas d’utilisation de l’application, il reste nécessaire de suivre les annonces diffusées par les autorités.