Jean-Marc Jancovici : énergie, climat, adaptation… une lecture matérielle des limites qui s’imposent déjà
Pour l’ingénieur Jean-Marc Jancovici, la baisse de l’abondance énergétique structure déjà l’économie, l’adaptation au réchauffement et les choix industriels. Il défend une hiérarchisation des priorités, dans un contexte qu’il juge plus contraint qu’admis publiquement.
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La prospérité des économies contemporaines repose sur une abondance d’énergie appelée à diminuer, et cette contrainte commence déjà à produire ses effets sociaux, économiques et climatiques. C’est la thèse centrale développée par Jean-Marc Jancovici, ingénieur, cofondateur de Carbone 4 et président du Shift Project.
Pour Jean-Marc Jancovici, la question énergétique ne relève pas d’un secteur parmi d’autres : elle structure l’ensemble de l’économie. Comme le rapporte Élucid, il résume cette idée par une formule simple : « L’énergie, c’est la nourriture des machines. » À ses yeux, la corrélation de long terme entre consommation mondiale d’énergie et PIB mondial montre que la croissance matérielle des sociétés industrielles a d’abord reposé sur les hydrocarbures. Dans cette perspective, un monde en « décru énergétique » signifie mécaniquement moins de biens et de services disponibles.
Il estime que cette contraction a déjà commencé en Europe. Il situe un point haut en 2007, qu’il présente comme l’année du maximum de l’approvisionnement énergétique européen, du transport routier de marchandises, de la construction et de la production automobile. Il conteste en parallèle la capacité du PIB à restituer fidèlement l’évolution de l’économie réelle, notamment en raison des conventions retenues pour corriger l’inflation et mesurer les services.
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