Panama Papers : dix ans après la fuite, l’architecture de l’évasion fiscale tient toujours
Les 11,5 millions de documents issus de Mossack Fonseca ont exposé en 2016 un marché mondial de l’opacité fiscale, mêlant sociétés offshore, intermédiaires financiers et juridictions complaisantes. Le cabinet a disparu, mais le système qui a protégé l’opacité fiscale et ses bénéficiaires n’a pas été démantelé.
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Dix ans après le début de la fuite à l’origine des Panama Papers, le constat reste sévère : le scandale a révélé l’ampleur industrielle de l’évasion fiscale offshore, sans faire disparaître les mécanismes qui la rendent possible. Les 11,5 millions de documents issus du cabinet panaméen Mossack Fonseca ont mis au jour un commerce mondialisé de sociétés écrans, pensé pour brouiller les pistes, dissocier les actifs de leurs propriétaires réels et compliquer au maximum le travail des autorités.
Fondé en 1986 à Panama par Jürgen Mossack et Ramón Fonseca, Mossack Fonseca s’était spécialisé dans la création de sociétés offshore dans des juridictions à fiscalité faible ou nulle, marquées par une forte opacité et une faible coopération avec les autorités étrangères. Le cabinet proposait, via des banques privées, des avocats fiscalistes ou des gestionnaires de fortune, des structures prêtes à l’emploi, parfois en moins de 48 heures, avec nom, adresse et documents administratifs.
Cette mécanique n’avait rien d’artisanal. Plus de la moitié des sociétés créées par le cabinet l’étaient dans les Îles Vierges britanniques. D’autres places jouaient un rôle central, parmi lesquelles Hong Kong, Genève, Londres, le Delaware, le Luxembourg, les Pays-Bas et les Îles Caïmans. L’objectif était clair : multiplier les structures et les juridictions pour disperser les actifs, protéger l’anonymat et rendre les poursuites plus difficiles.
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