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Assurance chômage, arrêts maladie, retraite : la droite durcit la mise en accusation des sans-emploi

À l’approche de la présidentielle, plusieurs responsables politiques remettent au centre la lutte contre « l’assistanat » et le durcissement de l’assurance chômage. Derrière cette rhétorique, une même logique s’impose : faire porter aux privés d’emploi et aux malades la responsabilité d’un marché du travail qui manque d’emplois stables.

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À mesure que la présidentielle approche, le travail redevient un terrain d’offensive politique contre les plus fragiles. À droite et à l’extrême droite, les allocataires, les personnes en arrêt maladie et les privés d’emploi constituent un problème central, pendant que les conditions réelles du marché du travail restent reléguées au second plan. Le déplacement n’est pas anodin : il transforme une question de droits sociaux et d’organisation de l’emploi en procès moral des individus.

Édouard Philippe, candidat Horizon, défend un départ à la retraite à 67 ans et veut mettre fin à ce qu’il appelle « l’open bar des arrêts de travail ». Marine Le Pen dénonce « l’assistanat ». Bruno Retailleau, auteur d’une réforme de l’assurance chômage, axe sa communication sur la lutte contre « l’assistanat » et sur « la France des honnêtes gens ». Gabriel Attal, de son côté, a annoncé une nouvelle réforme de l’assurance chômage pour rapprocher la France de la « moyenne des pays européens » sur la durée d’indemnisation et les conditions d’accès aux droits. Relancé sur une nouvelle baisse des droits, il a assumé la logique d’« incitatif pour reprendre un travail ».

Faire du chômage une faute individuelle

Le point commun de ces prises de position est clair : le chômage n’y apparaît plus comme le produit d’un rapport de force économique, d’un manque d’emplois ou d’une dégradation de leur qualité, mais comme un défaut de comportement. Bruno Retailleau cible ainsi « la permittence », ces allers-retours entre emploi et chômage, pour justifier une réforme plus restrictive.

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