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En Gironde, les pompiers recadrent des journalistes après des comportements jugés dangereux sur les incendies

Alors que 42 000 hectares ont déjà brûlé en Gironde, les pompiers ont mis en garde mercredi certains journalistes présents sur le terrain. En cause : le non-respect de consignes de sécurité, qui expose les équipes comme les reporters et mobilise des secours déjà fortement sollicités.

Au milieu d’incendies qui continuent de menacer la Gironde, les pompiers ont adressé mercredi un avertissement clair à plusieurs journalistes présents sur le terrain. Sans contester la nécessité de couvrir les feux, ils dénoncent des comportements qui, selon eux, mettent en danger les reporters, compliquent les opérations et détournent des moyens de secours.

Le rappel a été formulé lors d’un point presse à Lège-Cap-Ferret par le commandant du SDIS 33, Matthieu Jomain.

On donne des autorisations pour des immersions dans des groupes d’attaque, il n’y a aucun problème, mais on veut le savoir. Ceux qui ne jouent pas le jeu seront sortis par les forces de l’ordre.

Matthieu Jomain, commandant du SDIS 33

Depuis le début de ces incendies, qualifiés de records, 42 000 hectares de forêt ont brûlé en Gironde. Selon la préfecture, « la surface brûlée » n’a pas évolué dans la nuit de mardi à mercredi. Pour autant, les secteurs déjà touchés restent sous forte surveillance, dans un contexte marqué par le retour de la canicule et d’un vent important susceptible de raviver les flammes.

Un accès au terrain strictement encadré

Les pompiers disent ne pas vouloir interdire la présence des journalistes, mais l’encadrer. Matthieu Jomain a insisté sur la nécessité de signaler les immersions au sein des unités engagées. Le message vise des situations recensées ces derniers jours, au moment où les secours restent mobilisés sur plusieurs zones sensibles.

Le commandant a cité en particulier le camp militaire de Souge, situé sur la commune évacuée de Martignas-sur-Jalle. Ce site fait partie, mercredi, des trois points chauds suivis de près par les pompiers.

On vous dit de ne pas y aller. Si [les militaires] qui vous choppent, ils vous tirent dessus. C’est simple. Donc on n’y met pas les pieds. Certains de vos confrères ont mis les pieds et ça s’est mal passé. Et nous, on veut que ça se passe bien.

Matthieu Jomain, commandant du SDIS 33

Au cours du même point presse, un marin-pompier de Marseille venu renforcer le dispositif a élargi ce rappel à l’ensemble de la population, tout en s’adressant plus directement aux journalistes. « Respectez bien les consignes. N’allez pas dans les flammes parce que ça nous met en danger, ça vous met en danger, et ça nous fait perdre énormément de temps pour intervenir et pour éteindre pour les feux. Parce que du coup, on s’occupe de vous au lieu de s’occuper du feu en cours. »

Des médias nommément cités

Signe de la tension suscitée par ces incidents, les pompiers ont mentionné les noms de deux médias lors du point presse. « Le problème a eu lieu avec Brut et LCI. On ne généralise pas, on cible. On ne veut pas de soucis comme ça », a affirmé Matthieu Jomain.

Le commandant a également rappelé que les comportements à risque ne concernaient pas seulement les journalistes. « Hier, il y a eu sept prises en charge de bénévoles qui nous aident, mais qui se sont mis en danger », a-t-il précisé. Là encore, l’enjeu est le même pour les secours : éviter que des personnes venues aider ou témoigner ne deviennent elles-mêmes des personnes à secourir.

Le maire de Lège-Cap-Ferret, Philippe de Gonneville, a lui aussi appelé mercredi à la prudence. Il a demandé aux bénévoles d’éviter les « interventions isolées en forêt », estimant qu’elles peuvent à la fois les exposer et gêner le travail des sapeurs-pompiers.

Si les flammes montrent des signes de stabilisation, les autorités locales et les secours insistent donc sur un point : la situation reste dangereuse. Sur ce terrain encore instable, la circulation des équipes d’intervention, des habitants, des bénévoles et des journalistes demeure soumise à une même exigence, celle du respect strict des consignes de sécurité.