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Canicule au travail : fatigue, manque de sommeil et anxiété s’installent chez des salariés

La quatrième canicule de l’année a débuté mercredi 29 juillet en France. Pour des salariés encore au travail, la répétition des vagues de chaleur ne se traduit pas seulement par de l’inconfort : elle perturbe le sommeil, complique l’activité professionnelle et, dans certains cas, fait émerger des risques pour la santé et la sécurité.

La chaleur ne s’arrête pas aux portes des entreprises. Alors qu’une quatrième canicule de l’année a commencé mercredi 29 juillet en France, avec jusqu’à 40 degrés à Bordeaux et Tarbes, 39 à Lyon et 36 à Lille, certains salariés décrivent un épuisement qui s’accumule depuis plusieurs semaines. Selon HuffPost, cette succession d’épisodes de chaleur affecte à la fois la récupération, la concentration et la capacité à tenir un rythme de travail habituel.

Les effets évoqués sont multiples : nuits trop chaudes pour dormir correctement, déshydratation, coups de chaud, fatigue persistante et anxiété. Pour ceux qui n’ont pas encore pris de congés, ces épisodes se répètent sans véritable phase de récupération. Les salariés de bureau en ressentent déjà les conséquences, mais la situation peut devenir plus préoccupante encore pour les personnes exposées à la chaleur ou soumises à des horaires difficiles.

Une fatigue qui s’installe bien avant août

Célia, employée d’une quarantaine d’années dont le prénom a été modifié afin de préserver son anonymat, dit éprouver cette année une fatigue plus forte que lors des étés précédents. Habituée à prendre ses vacances en août, elle dit avoir vu la fatigue s’installer dès le mois de juin, pendant la deuxième canicule. À cela s’ajoute une inquiétude plus large face aux effets visibles de la chaleur. « Je regarde l’application météo tout le temps en espérant de la pluie », raconte-t-elle, évoquant aussi des arbres déjà « cramés » avant même le mois d’août.

Pour elle, la difficulté n’a pas seulement tenu aux températures. Lors d’un précédent épisode de chaleur, elle a retiré ses deux enfants de leur école, la directrice décrivant l’établissement comme « une fournaise ». Elle a alors dû télétravailler tout en les gardant à la maison.

On était enfermés avec les volets fermés, je devais gérer les enfants, les occuper, ne pas m’énerver, et restée concentrée sur le boulot.

Célia, salariée

Cette organisation s’est ajoutée à un manque de sommeil partagé par toute la famille. Les enfants dormaient mal, se réveillaient tôt, et elle aussi peinait à récupérer. Au fil des jours, elle dit avoir eu l’impression d’avoir « le cerveau en bouillie ». « J’avais du mal à rassembler mes idées », explique-t-elle, en liant cette difficulté à la fatigue, à la chaleur et à l’anxiété. Elle dit avoir ensuite légèrement récupéré grâce à des nuits un peu plus fraîches, sans pour autant retrouver complètement sa forme.

Dormir le jour quand il fait le plus chaud

Pour Axel, routier de 33 ans, le problème se pose autrement. Il travaille la nuit, de 23 heures jusqu’entre 8 heures et 10 heures du matin, puis dort habituellement de midi à 20 heures. Or, pendant les canicules, cette plage de sommeil correspond aux heures les plus chaudes de la journée. « Avec les canicules, c’est compliqué : ce sont les heures les plus chaudes », résume-t-il.

Il affirme que, depuis les premières vagues de chaleur du mois de mai, rien n’a changé dans son entreprise. Il s’attendait à une adaptation des horaires qui lui aurait permis de travailler de jour et de dormir la nuit, quand les températures sont plus basses.

Il n’y a eu aucune communication, aucune prévention, on s’attend à ce qu’on fasse notre travail normalement, c’est tout.

Axel, routier

Dans ces conditions, il explique n’avoir parfois dormi que quatre heures par jour avant de prendre le volant d’un poids lourd pendant six à huit heures. Au début, il a tenté de compenser avec du café et des boissons énergisantes. Mais la fatigue a continué de progresser. Fin juin, après la deuxième vague de chaleur, il dit avoir multiplié de « petites conneries » au travail : « piquer du nez au volant, ne pas voir un trottoir et taper dedans ». Il précise qu’aucun de ces incidents n’a eu de conséquences humaines ou matérielles.

Une reprise sous tension

Face à cet épuisement, son médecin l’a arrêté pendant deux semaines en juillet, après une semaine d’attente pour obtenir un rendez-vous. Cet arrêt lui a permis, dit-il, de reprendre son poste sans risque immédiat. Mais à son retour, la situation reste « difficile ».

Il dit désormais anticiper la chaleur avec appréhension. « Dès que je vois qu’il va faire chaud, je commence à me sentir mal », confie-t-il. À la fatigue physique s’ajoute désormais une inquiétude récurrente à l’idée de revivre le même épuisement. Comme chez Célia, la chaleur ne se traduit donc pas seulement par une gêne ponctuelle : elle modifie l’organisation du travail, fragilise le sommeil et pèse durablement sur l’état de santé.