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Alain Deneault : la « médiocratie », ou l’ordre social de la moyenne

Pour le philosophe Alain Deneault, la « médiocratie » ne désigne pas la médiocrité individuelle, mais une organisation politique, économique et culturelle qui impose la moyenne comme norme. Il relie cette logique au management, à la gouvernance et à l’affaiblissement du langage politique.

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Une norme du « moyen »

La « médiocratie » ne renvoie pas d’abord à ce qui serait mauvais, mais à un système qui valorise le moyen et en fait une norme. Le philosophe canadien décrit un ordre social où il s’agit moins de tolérer la moyenne que de l’imposer, en standardisant les comportements, les fonctions et les manières de penser.

Auteur de La médiocratie et de Politique de l’extrême centre, Alain Deneault distingue nettement médiocrité et médiocratie. La première relève, à ses yeux, du « moyen » ; la seconde constitue « une injonction d’être moyen ». Il la présente comme une prescription politique et sociale, organisée pour faire tenir les individus dans des cadres prédéfinis, sans débordement possible.

Du XIXe siècle au management contemporain

Alain Deneault fait remonter l’apparition du terme « médiocratie » au XIXe siècle, dans un contexte marqué par la modernité politique, l’essor du journalisme et la crainte, chez certains possédants, de voir des « gens moyens » accéder au pouvoir. Au XXe siècle, cette inquiétude est devenue un programme, porté par le management et les médias de masse.

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